Publié le 18/05/2022

Le Plan France Relance

Dans le cadre du plan France relance, le Conservatoire d'espaces naturels des Hauts-de-France bénéficie d'un soutien financier pour la mise en œuvre de 6 projets régionaux pour la conservation de la géodiversité et de la biodiversité des Hauts-de-France.

 

Projet "Outils péda géol" Quand Dora explore Jurassic Park !

La géologie nous parle d'environnements passés, lointains... de récifs coralliens, de chaines de montagnes, de forêts tropicales, de mers disparues...

Quel spectacle ça devait être ! Mais il est parfois difficile pour les scientifiques de les décrire et plus encore pour le grand public de se les imaginer. Pour répondre à cette problématique (l'invention d'une machine à remonter le temps n'étant pas à l'ordre du jour !), le Conservatoire et les scientifiques bénévoles qui l'accompagnent ont imaginé de concevoir des illustrations et des petits films d'animation pour les faire venir dans votre maison, dans vos salles de classe, sur vos sites naturels, lors de vos animations natures. En 2022, dans le cadre du plan France relance, le Conservatoire proposera 3 reconstitutions d'environnements qui ont marqué l'histoire de notre région et 6 petits films animés, courts, simples et ludiques, pour comprendre comment elle s'est construite. Une vingtaine de bénévoles, la DREAL et un illustrateur professionnel nous accompagnent dans cette aventure.  Ce projet alimentera l'axe Valorisation-Sensibilisation du plan d'action régional Géodiversité : les outils pédagogiques produits seront utilisés dans nos projets de sensibilisation autour des sites (animation, signalétique) et de la géodiversité (site internet, exposition, etc.).

Budget mobilisé : 38933,64 € apportés à 100% par France relance.

 

Lutte contre le Xénope lisse.

Le Xénope lisse, ou Xenopus laevis de son nom latin, n’est pas comme les autres amphibiens. Originaire d’Afrique australe puis introduit, il s’est progressivement établi, propagé et sa présence est aujourd’hui connu dans 5 départements français. Malgré son apparence quelconque, le Xénope lisse est un animal dont l’écologie et le comportement en font un prédateur et un compétiteur redoutable. Consommateur de poissons, d’invertébrés aquatiques et d’amphibiens, il est pour les uns prédateur et pour les autres, concurrent direct. Mais le Xénope lisse, s’il est bon consommateur, a aussi une capacité de reproduction élevée. Il produit ainsi plus de 1000 œufs à chaque ponte et se reproduit tout au long de l’année. Il peut donc rapidement coloniser un plan d’eau, mare ou autre zone humide et se disperser vers d’autres milieux via la voie terrestre. Par ailleurs, porteur sain de pathogènes, l’amphibien génère des impacts écologiques conséquents à l’origine de son appellation d’espèce exotique envahissante.

Lutter contre le Xénope lisse n’est pas simple. Présent sur une seule commune dans les Hauts-de-France, un projet d’éradication va être mis en œuvre en 2022. Porté par le Conservatoire d’espaces naturels des Hauts-de-France en collaboration avec le Groupement Ornithologique du Nord et du Pas-de-Calais, le projet vise à éliminer l’amphibien par mises en assec successives avec un impact minimal sur les espèces locales par tri manuel des individus. Le risque de dispersion sera évité par pose de barrières autour de la mare concernée. Financé par la DREAL Hauts-de-France et l’Agence de l’eau Artois-Picardie, le projet s’inscrit dans le contexte régional d’élaboration d’une stratégie relative aux Espèces Exotiques Envahissantes (EEE).

 

Mise en œuvre de travaux de restauration écologique d’aires protégées

13 sites concernés : RNR des Prairies du Schoubrouck, Mares de Looberghe, RNR de Grande Synthe, RNR du Marais de la Grenouillère, Pâture à joncs, SGS n°25, Marais de la Commandance, Marais du Warnier, RNR de Cambrin, Marais de Maroeuil, Marais de Vendin les Béthune, Marais des communes, La friche calcicole.

Objectif du projet : Le présent programme présente un ensemble de travaux et investissements liés nécessaires à la restauration ou préservation écologique de sites dont le Conservatoire d’espaces naturels assure la gestion. Ces travaux sont conformes aux objectifs et opérations programmées dans les plans de gestion des sites concernés.

Concrètement, la sollicitation vise trois axes :

(1) des prestations pour la réalisation de travaux de restauration et de gestion écologiques. Ces travaux sont en grande partie confiés à des prestataires du monde de l’insertion et/ou de l’économie sociale et solidaire. En effet sur les 72 122,45 euros prévus 52 999,65 euros sont fléchés vers 7 de ces structures. Ces prestations s'étaleront de juillet à novembre pour être en adéquation avec les exigences écologiques des sites.

(2) des investissements en matériel pour 73 264 euros : le plan de relance est une réelle opportunité pour équiper le Conservatoire de matériel nécessaire à la réalisation de travaux de restauration/entretien menés en régie et ainsi augmenter l’efficacité de l’équipe. Ces investissements en matériel serviront entre autres pour certains travaux prévus en régie sur les sites évoqués dans cet appel à projets mais seront bien sûrs utilisés sur le réseau d’aires protégées par le Conservatoire d’espaces naturels. Le matériel concerné serait commandé à des fournisseurs locaux. Ces investissements ont démarré fin 2021 et se poursuivent sur l'année 2022.

(3) la création d’un poste d’agent technique pour une période de 18 mois (avec pour objectif une pérennisation du poste à terme). Là aussi il s’agit de participer aux travaux prévus sur les sites évoqués dans le présent appel à projets (encadrement et suivi des chantiers) mais plus largement de renforcer les capacités techniques du Conservatoire pour la réalisation de travaux de restauration écologique supplémentaires sur le réseau d’aires protégées par le Conservatoire. A travers la création de ce poste c’est aussi le développement d’un emploi dans le domaine de l’économie sociale et solidaire qui est visé.

Enfin une prestation visant à promouvoir par un film les deux Aires Terrestres Educatives portées par les écoles de Cambrin et de Cuinchy autour de la Réserve naturelle régionale des Marais de Cambrin, Annequin, Cuinchy et Festubert sera réalisée pour 2 850 euros.

 

Des « Causses en vallée de l’Automne » : restauration d’une pelouse thermophile dans les Hauts-de-France

Le projet vise à entamer la restauration du coteau privé des Champeaux sur la commune de Vez (Oise) par des actions de débroussaillage et de remise en pâturage essentiellement. Une fois restaurée, ce coteau, non inscrit en ZSC au titre de la Directive européenne Natura 2000, sera le plus grand espace pelousaire de la vallée de l’Automne soit environ 9,5 hectares. Ce projet de restauration intègre entre autres un volet social avec l’aide de l’ESAT de l’Arche pour le suivi du pâturage, un volet sensibilisation à travers des chantiers nature encadrés par une association locale (Béthisy Nature), une sortie nature et une conférence. Il intègre aussi un volet formation avec un lycée forestier (Bavay). Un projet pédagogique avec l’école de Bonneuil-en-Valois est aussi proposé.

D’un montant de 122 497 euros, ce projet est financé à 100% par la DREAL Hauts-de-France. Les débroussaillages par des prestataires auront lieu avant la fin mars alors que le pâturage et la sensibilisation s’étalera sur l’ensemble de l’année 2022.

 

Aménagement de la réserve naturelle nationale de l’étang Saint-Ladre

La réserve naturelle nationale de l'étang Saint-Ladre, créée en 1979 et gérée par le Conservatoire d'espaces naturels des Hauts-de-France, se situe à proximité immédiate de l'agglomération amiénoise au sud-est. Elle couvre 14 ha de marais et plans d'eau et dispose depuis 2008 d'un sentier périphérique de 1600 mètres aménagé de façon à permettre l'accessibilité aux personnes à mobilité réduite.

La première partie du sentier de visite a été aménagé à partir de 2002. Son renouvellement est devenu urgent pour garantir la qualité d'accueil d'un large public au sein de ce secteur de vallée préservé. Grâce au Plan de Relance 2021, ce tronçon va pouvoir être entièrement refait et offrir à nouveau au public et particulièrement aux personnes à mobilité réduite la possibilité d'accéder à un point de vue remarquable sur les paysages de la vallée, ce qui est une demande forte des habitants de Boves et de l'agglomération amiénoise. L'éco compteur de la réserve comptabilise plus de 30 000 visiteurs par an.

Le coût estimatif des travaux s'élève à 105 000€ TTC.

 

Aménagements d’un réseau de gîtes à chiroptères et sensibilisation à leur conservation

Ce projet se décline en trois volets :

- Amélioration de la capacité d’accueil des gîtes, par la réalisation de travaux de restauration de 21 gîtes à Chiroptères préservés et gérés par le Conservatoire répartis sur les 5 départements des Hauts-de-France. Les grilles et les portes d’accès de quelques gîtes seront restaurées. Les conditions d’accueils seront améliorées par l’installation de petits aménagements comme la pose de briques creuses ou par la fermeture et l’aménagement complet de nouveaux gîtes. Ces travaux seront menés soit en régie par l’équipe technique ou par des prestataires.

- Sensibilisation à la préservation des chiroptères. De nombreuses animations sur plusieurs départements de la région seront réalisées cet été lors de la nuit européenne de la chauve-souris. Menées par les animatrices.teurs du Conservatoire, les participant.e.s à ces sorties in situ pourront découvrir les mœurs de ces espèces qui vivent non loin de chez eux.

- Amélioration des connaissances. La pose d’un caméra infra-rouge au niveau de la mairie d’Hesdin permettra de suivre sur le long terme la colonie de Grand-Murins que la mairie héberge depuis de nombreuses années. Ce suivi innovant sensibilisera les visiteurs et usagers de la mairie à la préservation de cette colonie.

Budget total de ce projet : 138 741 €.

 

Restauration d’une pelouse calcicole au cœur de la Réserve naturelle régionale des Larris et Tourbières de Saint-Pierre-ès-Champs

La Réserve naturelle régionale des Larris et Tourbières de Saint-Pierre-ès-Champs est un site majeur pour le patrimoine naturel de la région Hauts-de-France. Unique réserve naturelle de l'Oise à ce jour, elle est essentiellement composée de coteaux calcaires. La réserve abrite une flore et une faune à la fois riches et diversifiées. L'intérêt écologique de ces habitats et leur complémentarité place la réserve comme site à forts enjeux patrimoniaux pour la région. L’objectif de ce projet est de permettre la reconnexion entre coteaux afin d’assurer une continuité écologique et fonctionnelle nécessaire au maintien de certaines espèces sur la réserve. Au total, ce sont plus de 5 hectares restaurés grâce à ce projet.

Aux objectifs de restauration, s’ajoutent des objectifs de sensibilisation du public et d’éducation à l’environnement à travers notamment la réalisation d’une sortie nature à la découverte du patrimoine naturel du site, un chantier nature de restauration du milieu, la publication d’un article valorisant le projet. L’éco-compteur installé sur la réserve depuis 2 ans permet de comptabiliser plus de 10 000 visiteurs par an.

Le coût de ce projet s’élève à 170 198 €.